Le Shui Xian est un cultivar cousin du Da Hong Pao, le célèbre oolong foncé de la région de Wu Yi, au Fujian. Tout comme le ‘Grande Robe Rouge’, le Rou Gui, Tie Lo Han, Qi Lan et Shui Xian sont généralement des thés plus oxydés et légèrement à moyennement rôtis, prisés pour leurs saveurs boisées de noisette et de céréales, et pour leur finale en douceur.

Dans ce cas, le cultivar du Shui Xian a subi un processus similaire au Dan Cong de Fenghuan Shan (montagne du Phoenix) et a été plus légèrement oxydé, conservant ainsi ses caractéristiques plus végétales, fruitées et complexes. Éventuellement, ce thé sera peut-être offert dans notre boutique.

Les cubes d'environ 10 grammes sont enveloppés d'abord dans un papier, puis scellés dans une mince cellophane, afin de conserver les saveurs.

 

La compression des feuilles est légère. On peut voir les taches d'oxydation sur les feuilles, quelques tiges, et observer la taille générale des feuilles.

Parfois je mets la petite brique au complet, lorsque je veux m'installer pour plusieurs heures avec mon gaiwan, et en soutirer pas moins de 2 à 3 litres, en ajustant le temps d'infusion au fur et à mesure, ce que facilite le gaiwan. Pour cette session, j'utilise environ 7 grammes, et mes premières infusions seront avec l'eau entre 90 et 95 degrés Celsius.

Ma première infusion (sans rinçage) est d'environ 2 minutes. Je veux explorer le côté floral et le doux végétal.

La brique commence déjà à s'ouvrir, les feuilles se libèrent tranquillement. En bouche, la liqueur est particulièrement coulante, avec une petite touche sucrée. Le végétal rappelle un Xui Pian ou Wu Dong Song (Dan Cong Phoenix), et le floral fait penser au Wen Shan Bao Zhong, une effluve de lilas.

La deuxième infusion est similaire. À la troisième, la couleur devient plus orangée, l'oxydation de la feuille se fait présente dans la tasse, et les aspects fruités ressortent davantage.

La brique est déjà presque complètement défaite et les feuilles sont libres. Les infusions subséquentes seront similaires, et les saveurs se maintiennent remarquablement bien. Ici la sixième infusion (après environ 3 minutes d'infusion).

Le plus surprenant est l'absence quasi totale d'amertume. Il y a présence de tannins, mais ils ne masquent aucunement les aspects fruités et végétaux. 

Le moins surprenant est la générosité, voici la dixième (ou onzième?) infusion, toujours riche et pleine de saveurs.

La liqueur n'a cessé de foncer, le fruit d'augmenter au cours des infusions. À ce stade il me rappelle un Bai Mu Dan très riche ou un jeune pu'er sheng vers la fin de ses infusions.

Un bel exemple d'un cultivar préparé de manière non-traditionnelle (en termes de production et de présentation) avec un résultat bien réussi.